De l'origine
Le plus ancien document
La grange d'Arsonval
Développement du village
Charte de Raoul, comte de Clermont

 

Copie réalisée par P.A. CAMUS d'une enluminure du début du XVe siècle - Originale : BN Fr. 20082, f°135

Le Moyen-Age (1)

De l'origine

Il est fort difficile d'expliquer la formation de Gournay sur Aronde. Selon Aurélien GNAT(1), (doctorat en archéologie médiévale) :
"L'histoire de Gournay sur Aronde est complexe et très fournie : l'importance stratégique de sa position, son nombre important de voies de communication en font un lieu de première importance. "

Selon Jean-Louis BRUNAUX et Patrice MENIEL(2)
"Le trait le plus marquant du paysage paraît être la rivière d'Aronde, séparant puissamment le Bassin parisien du plateau picard. Ce rôle de frontière valut à l'habitat de Gournay une place privilégiée, si l'on peut dire, dans les grands conflits du Moyen-Age. Mais il est probable que ce n'est pas cette seule caractéristique de la vallée qui poussa les Gaulois à élire ce site plus qu'un autre. L'intérêt économique de la rivière est une raison déterminante. Le relief et la nature du terrain, enfin, autorisaient la construction d'une forteresse qui eût été difficilement réalisable ailleurs, dans la même région. "

Le plus ancien document.

Le plus ancien document retrouvé sur Gournay, d'après Arthur CAMUS (3), date de 1089. Ce document fait mention de dons que le seigneur Albert de Gournay et sa femme Ermengarde firent à la nouvelle église et au prieuré. L'importance de cette donation confirme l'idée que le fief de Gournay était déjà, à cette période, et selon les termes de J-L. Brunaux, fort étendu. Il faisait partie du puissant Comté de Clermont.

La grange d'Arsonval

En 1129, l'évêque Saint Simon, l'un des successeurs de Saint Eloi (évêque de Noyon) entreprit de fonder une abbaye à Ourscamp. Rapidement, cette abbaye par l'importance des biens qui lui furent légués devint une des plus riches. Elle possédait de nombreuses exploitations agricoles, dont une située sur la rive droite de l'Aronde : la grange d'Arsonval. L'abbaye d'Ourscamp a joui du domaine d'Arsonval jusqu'à la Révolution. Cependant, à partir de 1597, cette grange fut affermée. Vendue comme bien national pendant la révolution, la grange d'Arsonval disparut au XIXe siècle dans un incendie." Vers 1147, Renaud II, comte de Clermont et Clémence, sa femme, firent quelques donations à l'église de Gournay, et Renaud accorda, en outre, aux chanoines réguliers de Saint-Quentin de Beauvais qui desservaient le prieuré de Gournay-sur-Aronde, l'exemption du droit de travers dans toute l'étendue de ses domaines " (P.A. CAMUS)
"Raoul, Comte de Clermont, en 1162 fit don de sa culture de "la Vallière" (grand domaine) à la grange et s'engagea à défendre les moines"» (J.L.BRUNAUX)(4)

Développement du village

Mais les libéralités consenties par Raoul, Comte de Clermont allèrent aussi aux habitants de Gournay. (Voir Charte ci-dessous)
"La même année, il leur accordait une première charte communale et trois ans plus tard, afin d'agrandir le bourg, une seconde charte plus avantageuse aux habitants qui accepteraient de sortir des murs de la ville. Ainsi naquirent la rue des carrières et la rue verte. "(5)
Renaud Lescachiers de Gournay était, à cette période, le seigneur de Gournay. Le nom de ce chevalier, indique qu'il avait été blessé, et qu'il était obligé de se servir de bâtons pour se soutenir (eschasses, à l'époque)
En 1190, Philippe Auguste avant de partir en Terre Sainte ordonna que les villes de son royaume fussent fermées de très bons murs. Le bourg de Gournay sur Aronde est au nombre des places dont les fortifications furent complétées ou augmentées.

Charte de Raoul, comte de Clermont,
en faveur des habitants du Bourg de
Gournay-sur-Aronde en 1165

     "Je, Raoul, comte de Clermont, veux faire savoir à tous tant à venir que présents, que quiconque aura pris une habitation de banlieue en dehors des murs de Gournay dans le bourg que je possède en vertu de l'échange que j'ai fait avec Albérique de Hangest, et sur la terre que je possède par accord passé, tant avec l'abbé et le chapitre de Saint-Quentin de Beauvais qu'avec le prieur et les chanoines de Gournay, sera quitte de toute redevance en me payant annuellement quatre mines d'avoine et quatre chapons, sauf, toutefois, mes droits de forfaitures qui seront réglés de la manière suivante : celui qui aura été traduit en justice, à moins qu'il ne soit accusé de sang versé, ou de meurtre, ou de trahison, pourra se justifier en faisant prêter serment par un témoin, ou bien il paiera comme amende, cinq sols de la monnaie de Beauvais.
     Afin que cela demeure ferme et inattaquable, j'ai ordonné de munir la présente page de l'impression de mon sceau et de la souscription des témoins.

Seing de Guillaume, chapelain ; seing d'Eustache d'Encre ; seing de Reinauld l'Aiguillon ;
seing de Lambert de Religis ; seing d'Airard ; seing de Jean du Mont ;
seing de Pierre Calvin ; seing de Philippe ; seing de David ; seing de l'Ebroin ;
seing de Mathieu de Prepost
. "

1- Les principaux bâtiments religieux, civils et militaires de Gournay-sur-Aronde,
Aurélien GNAT, Annales Historiques Compiègnoises, n°79-80, été 2000
2 - Le sanctuaire de Gournay-sur-Aronde (Oise) : Structure et rites - les animaux du sacrifice-
Les Celtes dans le Nord du bassin parisien- revue Archéologique de Picardie - n°1 - 1983
3 - Histoire d'un village par un paysan,
Pierre Arthur Camus, Bibliothèque Sainte Corneille, Compiègne.
4 - Mille ans d'histoire à Gournay sur Aronde,
Jean-Louis Brunaux in Oise Tourisme, n°24, Beauvais, 1973. Compiègne, 1964.
5 - Mille ans d'histoire à Gournay sur Aronde,
Jean-Louis Brunaux in Oise Tourisme, n°24, Beauvais, 1973. Compiègne, 1964.